De la vie à Cuba - Par René Lopez Zayas - Le système scolaire


À la demande d'un membre du groupe Passion Varadero


LE SYSTÈME D'ÉDUCATION


Le modèle éducatif cubain a pu construire une éducation universelle de qualité reconnue, qui compte sur la participation de tous les acteurs de la communauté éducative, et avec des caractéristiques tout à fait modernes d'universalité, de laïcité, d'inclusion et de scientificité. Le processus révolutionnaire aurait ainsi abouti aux aspirations de la souveraineté du peuple cubain.


Il faut tenir compte que l’État cubain consacre entre 13 et 15% de son budget à l’éducation.


Du point de vue de son succès à élever la culture de la population, le système éducatif cubain peut être considéré comme exemplaire.


En premier lieu, c'est un système universel qui vise à élever le niveau culturel de l'ensemble de la population à partir de principes fortement égalitaires.


Le système scolaire cubain est basé sur la solidarité et la coopération d'une conception profondément égalitaire de l'être humain. C'est pourquoi c'est aussi un modèle inclusif. Si nous comprenons l'inclusion de manière large, l'éducation vise à éliminer toute forme de discrimination sociale.


N'oublions pas par exemple qu'il est obligatoire que tous nos jeunes élèves portent des uniformes de couleurs différentes correspondant aux différents niveaux scolaires en cours.


Le système éducatif cubain suit un modèle participatif où sont impliqués les différents agents de la communauté éducative dans le processus d'enseignement, à savoir les éducateurs, la famille et la communauté.


Il convient de noter que l'État cubain se proclame laïc, laissant la religion hors de l'enseignement. Cela n'empêche pas une grande pluralité religieuse de se produire dans la société cubaine.


L'organisation des Nations Unies pour l'Éducation et la Culture (UNESCO), a reconnu les réalisations de Cuba dans le secteur de l'éducation.


Cuba a été le premier pays d'Amérique latine à se déclarer libre d'analphabétisme.

Il existe un système d'enseignement spécialisé parfaitement consolidé dont des écoles pour enfants ayant des difficultés et des exigences spécifiques, des écoles d'art et de sport, des écoles de métiers et autres.


L'accès est gratuit à tous les niveaux et obligatoire jusqu'au lycée. À Cuba, tous les enfants vont à l'école, où qu'ils vivent, quelle que soit la situation économique de leur famille.


A la base de ce cadre se trouve l'enseignant, principal garant du processus éducatif.

L'enseignant est un humble travailleur pas suffisamment reconnu de nos jours à Cuba.

La crise économique de ces dernières années a eu un impact très négatif sur le système éducatif cubain.


Si l'Etat consacre une grande partie du budget national à l'éducation, cela semble aujourd'hui insuffisant.


L'exode des professionnels de l'éducation vers d'autres branches de l'économie avec de meilleurs salaires est une réalité frappante, mais parfaitement compréhensible.


L'éducation cubaine n'a pas maintenu son niveau d'excellence, en partie parce que les enseignants ne sont pas assez bien payés. C'est une réalité, autant que le manque chronique de ressources et d'autres difficultés inhérentes aux effets de l'embargo économique déjà historique.


Il n'y a pas si longtemps que ça les revenus des travailleurs de l'éducation ont connu un certain bénéfice fort encourageant, sans arriver toutefois à être suffisant pour garantir le retour de tous les enseignants qui étaient partis mieux gagner leur pain ailleurs. L'espoir est maintenant fixé sur la nouvelle réforme monétaire et salariale.


Dans les écoles cependant, il y a toujours d'excellents professionnels, une bonne partie d'entre eux avec de nombreuses années d'expérience, convaincus de la grande importance de leur travail.


Mais beaucoup d'enfants n'ont pas la chance d'avoir de bons professeurs passionnés et leurs parents se tournent vers une figure émergente: el repasador.


Cet éducateur extraordinaire serait presque toujours des enseignants retraités qui font payer leurs cours privés, à domicile, après les heures de classe. Aujourd'hui les repasadores sont devenus un complément indispensable à la réussite des jeunes étudiants.


Le potentiel humain à Cuba est toujours néanmoins incroyable. C'est impressionnant de constater comment une si petite nation sous-développée peut produire un si grand nombre de talents.


Ce pays a donc une énorme dette historique envers ses enseignants, qui ont aujourd'hui besoin de plus de reconnaissance, morale et matérielle.


C'est fondamental pour l'avenir de Cuba.


Félicitations alors à tous les enseignants, à l'occasion de leur fête nationale à Cuba, ce 22 décembre 2020.

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