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De la culture de Cuba - Par René Lopez Zayas - Les mécaniciens de briquets


Les Cubains sont des combattants par excellence. Il n'est pas un bon Cubain qui n'ait eu à inventer les métiers les plus dissemblables pour survivre, ne serait-ce que temporairement.


J'ai déjà vu un très vieil homme avec une pancarte qui disait : "Je rends la monnaie". C'était à un arrêt de bus ; le vieil homme avait un sac plein de pièces de monnaie et un autre avec des coupures de pesos en papier. Son travail consistait à échanger de l'argent aux personnes qui prendraient le bus et qui n'avaient pas le montant exact pour effectuer le paiement. Il prélevait une commission minimale qui lui permettait de gagner son pain, et les voyageurs ne perdaient pas d'argent en payant leur voyage, comme le chauffeur n'est pas censé rendre de monnaie.


Une fois j'ai croisé un "barbier ambulant", en pleine rue avec un banc à la main et un sac à dos sur l'épaule avec tous les ustensiles nécessaires pour proposer une coupe pas chère et même un miroir pour le plus grand plaisir des passants satisfaits.


Il y a longtemps, j'avais un voisin à Matanzas qui se consacrait au nettoyage des casseroles, à la fois à la maison et service à domicile aussi. Ce vieil homme était très aimé des ménagères du quartier. Les pots en aluminium, vieux et noirs de suie, étaient chauffés puis grattés avec un petit couteau et avec une telle habileté qu'une fois terminés, ils étaient si brillants qu'ils semblaient neufs.


Quand le nettoyeur de casseroles est mort, il n'y a pas eu un moment où ma mère ne s'en souvenait pas quand elle voyait ses vieux ustensiles de cuisine noircir progressivement et alors sans solution.


Peut-être que beaucoup ne comprennent pas alors qu'un briquet se réparerait. Alors que dans d'autres pays, les briquets sont jetés en raison du moindre dégât, à Cuba, tout est pleinement exploité et rien n'est jeté à la poubelle.


Les briquets peuvent être remplis de gaz, la pierre, ou autre système d'allumage, changés; certaines pièces comme la rondelle et le pare-flammes remplacés, et même le corps du briquet reformé. Il y a aussi une innovation, qui est un brevet authentique cubain : l'utilisation d'une épingle pour perforer le briquet et introduire le gaz dans le réservoir, quand la valve de remplissage de gaz n'existe pas. Un briquet jetable ne l'est plus à Cuba.


Les fosforeros, les mécaniciens ou les remplisseurs de briquets, sont devenus une figure commerciale indispensable dans la société cubaine, qui regorge de fumeurs habituels. Il n'y a pas un quartier à Cuba qui n'ait au moins un fosforero, qui répare les briquets, et qui vendrait accessoirement des briquets, parfois des allumettes ou même des cigarettes et des cigares. Leur activité principale est aussi réglementée dans les nouvelles formes de travail non étatique.


A vrai dire, au pays du meilleur tabac du monde, où autrefois fumer des cigarettes était extrêmement bon marché et donc abordable, même fumer, ou acheter un briquet, est devenu aujourd'hui un problème.


Il n'y en a tout simplement pas de briquets, et quand nous en trouvons c'est si cher qu'il sera toujours mieux et moins coûteux de réparer les briquets que l'on a déjà à la maison pour qu'il ne manque pas de feu dans la cuisine et qu'on puisse toujours allumer un bon cigare cubain.

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