De l'actualité et de l'histoire de Cuba - Par René Lopez Zayas - Le marché agricole à Cuba




Le marché agricole cubain a subi plusieurs transformations depuis sa création même en 1994, et cherche inlassablement à s'améliorer.


Ce type de marché continue cependant de montrer des difficultés qui limitent l'accès de la population aux aliments qu'il propose.


Pour se lancer dans le commerce, il est essentiel d'avoir produit avant.


L'un des objectifs fondamentaux des transformations du secteur agricole est donc l'augmentation de la production elle-même.


La mesure sur laquelle on a le plus misé alors est la livraison de terres vides en usufruit à la paysannerie et aux coopératives.


Si une expansion productive a été constatée, dans certaines zones agricoles, les volumes sont encore loin de ceux atteints à la fin des années 80, dernière période d'aisance économique, avant la crise des années 90. C'est surtout le cas de la majorité des produits de l'élevage et du riz, qui est fondamental à l'alimentation de la population cubaine.


Pour que la production se développe, il est important d'étendre la superficie récoltée, c'est vrai, mais ce n'est pas le seul facteur: des semences et des engrais chimiques sont nécessaires, et à la place, ou en plus, des engrais organiques et des moyens de lutte biologique contre les ravageurs et les maladies, ainsi que les machines et outils.

Les prix des denrées alimentaires sur les marchés agricoles ont augmenté, contrairement à ce à quoi on pouvait s'attendre.


Les causes de cette résistance à la baisse sont multiples. Il arrive par exemple que l'offre sur les marchés agricoles n'a pas augmenté de la même manière que la production.

Dans notre pays, l'offre sur les marchés agricoles est essentiellement satisfaite par la production nationale, mais ce n'est pas la seule destination de cette production.

Récemment, les ventes vers certaines destinations, qui ne sont pas précisément le marché agricole, ont été particulièrement stimulées: par exemple, les ventes directes des producteurs agricoles au tourisme et les ventes destinées aux programmes de substitution des importations, principalement en le cas des céréales, comme le riz et les haricots, qui sont importées en grandes quantités pour satisfaire l'engagement de vendre de la nourriture à la population par l'Etat à travers le carnet de rationnement.

Il y a aussi la demande qui est générée par les cantines d'hôpitaux et d'écoles, ainsi que le secteur des coopératives indépendantes (et non agricoles) en expansion, parmi lesquelles il y a de plus en plus d'entreprises qui se consacrent à la restauration et à l'élaboration des aliments.


Ces entreprises font leurs achats de denrées alimentaires sur les mêmes marchés agricoles fréquentés par le reste de la population, avec l'avantage d'avoir des budgets plus importants pour ces achats et en plus grandes quantités.


La formation des prix sur ces marchés est alors dans la confrontation de l'offre avec la demande.


Dans notre pays, pour la définition des prix des produits qui sont échangés sur les marchés agricoles, il n'y a pratiquement pas de références, car le pays n'effectue pas d'importations pour approvisionner ces marchés.


Le point de comparaison le plus proche est le prix de ses pairs dans le réseau des marchés des changes de devises, qui contient une taxe très importante.


Nous avons récemment commencé à assister à un mouvement, mené par l'état, à la baisse de ces prix. Mais cela ne peut conduire qu'à un épuisement rapide des stocks s'il n'y a pas suffisamment d'offre.


Cela entraînerait en conséquence la pénurie des marchés, la plus grande thésaurisation à vendre sur le marché noir et les files d'attente pour la capture des produits.


Bref, il y a une production croissante d'une part, mais des ventes au marché agricole qui ne croissent pas avec le même dynamisme et une demande qui croît vraisemblablement beaucoup plus vite.


C'est ainsi que l'on peut expliquer que même avec une croissance productive, les prix continuent d'augmenter également.


D'autre part le produit agricole "ne vaut pas à la ferme", il doit être transféré sur le marché pour pouvoir satisfaire une certaine demande. S'il y a une pénurie de transport, cela devient aussi une source de «pouvoir de marché».


Les quantités vendues sur ces marchés ne dépassent généralement pas 10 % de la production agricole totale. C'est donc un commerce marginal.


Dans ce type d'organisation, le prix est alors fondamentalement déterminé par la demande, ce qui le pousse à la hausse.


Les autorités économiques de Cuba considèrent donc que le plus sensible et le plus péremptoire dans nos conditions est de concentrer les transformations davantage dans le secteur de la production que dans celui de la circulation.


Il s'agit de promouvoir des mesures qui conduisent à une augmentation de la productivité de notre secteur agricole, combinées à des motivations appropriées pour que cette production soit commercialisée sur les marchés, et non dans d'autres canaux parallèles.


Rien que la ville de la Havane demande un minimum de 500 tonnes de produits agricoles par jour pour approcher de la demande actuelle.


Voilà donc... @rebellecuba vous invite découvrir et comprendre l'île rebelle des Caraïbes. À très bientôt mes chers passionnés de Cuba.